La pédagogie par l’absurde
Attention innovation ! Pour la première fois, je vais vous parler de l’université. Oui, parce qu’en principe, quand même, à la base, je suis en cinquième année d’école d’ingénieur, donc vous comprenez, je suis la future élite de la nation, prochainement chargé de responsabilités incommensurables, accablé de travaux infaisables, mais que je ferai en râlant et en pestant “Mais pourquoi moi ? Pourquoi le sort s’acharne-t-il à me faire crouler sous une tonne de missions probablement très intéressantes ? Pourquoi arrivé-je à la fin d’études que nombres d’étudiants n’ayant pas les moyens ou la capacité m’envient ? Mais pourquoiiiiiii ?” Mon moment Beigbeder -moment qui dure plus longtemps (disons le temps d’une vie) chez certains de mes futurs confrères- étant passé (pour ceux qui n’auraient pas lu le superbe -nul à chier- 99 Francs, Octave, avatar -autobiographie faussement non assumé- de Fredo, il passe son temps à faussement geindre de sa super condition sociale, pour en fait se masturber sur sa super condition sociale), parlons des études au Danemark.
Comme prouvé scientifiquement, d’un exemple découle une généralité (Non ? On m’aurait menti ? Alors tous les jeunes de banlieues ne brûlent pas des voitures, disent “c’est chaud”, sont fiers de leur dentition dorée et arborent leur chaîne en or Pimp faisant le poids d’un étron d’éléphant ?). Voici donc un superbe exemple qui montre à peu près la mentalité inhérente à la pédagogie danoise.

Présentation d’un mini-projet sur la conception d’un GUI basé sur notre projet de semestre qui est de créer une application de reconnaissance vocale sur un PDA (oui, moi aussi je peux me la péter, je ne sais pas faire que des blagues tordantes). Deux groupes de français, quatre groupes de danois. Et pour mettre un peu de piment, notre professeur nous encourage dans une lutte fratricide en promettant au groupe ayant donné la meilleure présentation un cadeau surprise. Pression.
Vous vous souvenez probablement de la belle époque, il y a sûrement quatre ou cinq ans, où une présentation ne rimait pas invariablement avec Power Point, mais où la réussite de l’oral passait par le charisme de la personne devant vous plutôt que par sa qualité à choisir un template Power Point. Et bien, en gros les Danois conçoivent encore les présentations de cette manière. Ajoutez à cela une dose de décontraction, une grosse pincée d’impertinence, et vous obtenez un Guy Bedos jeune qui nous présente un projet de consultation météo sur PDA en utilisant un Power Point où en gros c’était du texte noir sur fond blanc.
Morceau choisi :
Guy Bedos : « We rated the testers on a scale going from “good” to “bad motherfucker”. The last tester was rated as a “bad motherfucker, but he just turned out to be a turd. » (Nous avons noté nos testeurs sur une échelle allant de “bon” à “bad motherfucker”. Le dernier testeur a été noté comme “bad motherfucker”, mais il s’est avéré que c’était juste un étron.)
Et cela évidemment, en présence de Lars Bo Larsen -qui soit dit en passant possède le nom le plus redondant du monde après Laurent Laurent- notre prof, qui souriait probablement dans son coin.
Le meilleur est à venir. Après avoir fait nos présentations, plus ou moins drôles, plus ou moins réussies, plus ou moins intéressées, voici le grand moment que tous -comprenez Lars Bo- attendaient : le vainqueur, et bien sûr le cadeau surprise. Bon, qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Un Twix ? Un composant électronique ? Un poil pubien ? Le numéro de téléphone de la blonde du dernier rang (photo non contractuelle) ? Le cadeau est……. :

Non, sans blagues. Un professeur pour récompenser ses élèves les plus méritants leur offre une caisse de bières. Non, nous ne sommes pas dans un épisode de Hartley, Coeur à Vif. Ah, mais attendez… La caisse est à moitié vide.
Lars Bo : “This is embarassing… I left it at the lab, and the colleagues must have thought it was for them… Here’s your half-box of beer prize !” (C’est embarrassant… Je l’ai laissé au labo, et les collègues ont dû croire que c’était pour eux… Voilà votre prix d’une demi-caisse de bières !”
Bienvenue dans l’univers surréaliste qu’est Aalborg Universitet. J’aime.
Lundi décembre 03rd 2007, 8:37 - Enregistré dans : Ah bon, c'est pas les vacances ?, Hvordan går det i Denmark ? -



















