A niak in the froid - Erasmus 2007/08

La pédagogie par l’absurde

Attention innovation ! Pour la première fois, je vais vous parler de l’université. Oui, parce qu’en principe, quand même, à la base, je suis en cinquième année d’école d’ingénieur, donc vous comprenez, je suis la future élite de la nation, prochainement chargé de responsabilités incommensurables, accablé de travaux infaisables, mais que je ferai en râlant et en pestant “Mais pourquoi moi ? Pourquoi le sort s’acharne-t-il à me faire crouler sous une tonne de missions probablement très intéressantes ? Pourquoi arrivé-je à la fin d’études que nombres d’étudiants n’ayant pas les moyens ou la capacité m’envient ? Mais pourquoiiiiiii ?” Mon moment Beigbeder -moment qui dure plus longtemps (disons le temps d’une vie) chez certains de mes futurs confrères- étant passé (pour ceux qui n’auraient pas lu le superbe -nul à chier- 99 Francs, Octave, avatar -autobiographie faussement non assumé- de Fredo, il passe son temps à faussement geindre de sa super condition sociale, pour en fait se masturber sur sa super condition sociale), parlons des études au Danemark.

Comme prouvé scientifiquement, d’un exemple découle une généralité (Non ? On m’aurait menti ? Alors tous les jeunes de banlieues ne brûlent pas des voitures, disent “c’est chaud”, sont fiers de leur dentition dorée et arborent leur chaîne en or Pimp faisant le poids d’un étron d’éléphant ?). Voici donc un superbe exemple qui montre à peu près la mentalité inhérente à la pédagogie danoise.
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Véritable slogan de l’université sur son site officiel.

Présentation d’un mini-projet sur la conception d’un GUI basé sur notre projet de semestre qui est de créer une application de reconnaissance vocale sur un PDA (oui, moi aussi je peux me la péter, je ne sais pas faire que des blagues tordantes). Deux groupes de français, quatre groupes de danois. Et pour mettre un peu de piment, notre professeur nous encourage dans une lutte fratricide en promettant au groupe ayant donné la meilleure présentation un cadeau surprise. Pression.

Vous vous souvenez probablement de la belle époque, il y a sûrement quatre ou cinq ans, où une présentation ne rimait pas invariablement avec Power Point, mais où la réussite de l’oral passait par le charisme de la personne devant vous plutôt que par sa qualité à choisir un template Power Point. Et bien, en gros les Danois conçoivent encore les présentations de cette manière. Ajoutez à cela une dose de décontraction, une grosse pincée d’impertinence, et vous obtenez un Guy Bedos jeune qui nous présente un projet de consultation météo sur PDA en utilisant un Power Point où en gros c’était du texte noir sur fond blanc.

Morceau choisi :
Guy Bedos : « We rated the testers on a scale going from “good” to “bad motherfucker”. The last tester was rated as a “bad motherfucker, but he just turned out to be a turd. » (Nous avons noté nos testeurs sur une échelle allant de “bon” à “bad motherfucker”. Le dernier testeur a été noté comme “bad motherfucker”, mais il s’est avéré que c’était juste un étron.)

Et cela évidemment, en présence de Lars Bo Larsen -qui soit dit en passant possède le nom le plus redondant du monde après Laurent Laurent- notre prof, qui souriait probablement dans son coin.

Le meilleur est à venir. Après avoir fait nos présentations, plus ou moins drôles, plus ou moins réussies, plus ou moins intéressées, voici le grand moment que tous -comprenez Lars Bo- attendaient : le vainqueur, et bien sûr le cadeau surprise. Bon, qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Un Twix ? Un composant électronique ? Un poil pubien ? Le numéro de téléphone de la blonde du dernier rang (photo non contractuelle) ? Le cadeau est……. :

Beeeeeer

Non, sans blagues. Un professeur pour récompenser ses élèves les plus méritants leur offre une caisse de bières. Non, nous ne sommes pas dans un épisode de Hartley, Coeur à Vif. Ah, mais attendez… La caisse est à moitié vide.
Lars Bo : “This is embarassing… I left it at the lab, and the colleagues must have thought it was for them… Here’s your half-box of beer prize !” (C’est embarrassant… Je l’ai laissé au labo, et les collègues ont dû croire que c’était pour eux… Voilà votre prix d’une demi-caisse de bières !”

Bienvenue dans l’univers surréaliste qu’est Aalborg Universitet. J’aime.

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Le Danemark, c’est beau, parfois

Petit road-trip entre frenchies avec Florent, Erwan et Alan dans le Nord du Danemark donc. Départ à l’arrache, accident de voiture, petite frayeur dans la nuit sombre de Logstor lorsque l’on a perdu Alan, déjeuner en haut de la falaise de Bulbjer. Des souvenirs pleins la tête, des images pleins les mirettes.

Et puis ces instants de paix, indéfinissables, intemporels. Sur le haut de cette colline, surplombant cette nappe bleue, sous un temps parfait, plus rien, le vide, le néant de la nature. L’esprit libre et libéré, un gamin sans espoirs, un homme sans attaches, juste ces quelques instants au loin de tout, près de rien. Juste soi. Et deux gogols écrivant “I Love U” avec des pierres sur la plage. Pouêt.

Parce que vous en avez marre de lire et que j’en ai marre d’écrire, des photos sont toujours de bons compromis.

(Laissez la souris sur la photo pour la légende, et cliquez our agrandir)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Merci à Alan pour certaines de ses photos)

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De battre mon coeur ne s’est pas arrêté

Il est de ces jours qui auraient pu changer des vies. Indéniablement. Indubitablement. Ces jours où il aurait pu, ces jours où ça a failli. Puis quand on regarde en arrière, il n’y a rien eu. Que des bribes. Des bouts de souvenirs dans nos mémoires défaillantes. Des secondes qui auraient tout changé, des secondes qui durent des heures dans nos esprits, bousculent l’ordre des choses et s’étirent dans l’espace-temps.

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Comme ces secondes où la voiture qui voulait nous dépasser dans un virage perd le contrôle et sort de la route pour rouler sur elle-même. Comme ces secondes où l’on court vers la voiture accidentée. Comme ces secondes où l’on se rend compte qu’on aurait très bien pu y passer si la voiture nous avait percuté au lieu de nous frôler. Comme ces secondes où l’on ne contrôle rien, qu’une voiture se trouve dans un champ, que l’on est passé à 10 centimètres de faire connaissance avec le fossé, que le conducteur de l’autre voiture sort miraculeusement sain et sauf, et que l’on se rend compte que son coeur bat calmement. Sans adrénaline. Sans panique. Sans émotions.

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Bah alors garçon ? Et le grand frisson ? Et le grand tourbillon ? Celui qui enivre et attise, celui qui séduit et qui fait peur, celui qui guérit des maux, celui qui te prend à l’âme. Gamin, l’aurais-tu oublié ? Cette délivrance, cette hantise, cette peur. Quand tu es sur ce pont et respire à t’en éclater les poumons, quand tu fixes ses roues à t’en crever les yeux. Où étais-tu ? Cette mort qui te faisait envie, la voilà qui t’as approchée, t’as frôlée, et toi, tu es complètement détaché. Regarde autour de toi. Un chaos incompréhensible. Ecoute ton coeur. Il est calme. Il est froid. Il ne comprend pas. Pas une seconde tu as pu penser qu’il y aurait pu y avoir un mort. Des morts. Tu vis dans ton monde, gamin. T’es un optimiste, gamin. Tu tomberas de haut, gamin.

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Goth, liesse, marche à pied et gastronomie

Une longue semaine, mouvementée, plus ou moins arrosée, se finit. Compte-rendu.

Vendredi : Soirée à thème chez Delphine et ses collocs. Le thème ? Rocky Horror Picture Show. D’où lors de notre arrivée se croisaient robes noires et maquillages, ambiance trash-gothique et bas résilles déchirées, le tout peinturluré de couleurs sombres et de signes déviants. Bien évidemment, nous arrivâmes vêtus de manière on ne peut plus adéquate. Jean, t-shirts. N’étant pas forcément du goût de tout le monde, Sabrina nous maquille de circonstance avec un joli crayon noir. Oh non, il n’y a pas de photos de moi, comme c’est dommage… Le reste de la soirée se déroulera entre discussions multilingues, bières et martini et partie de caps. Mémo, ne jamais jouer avec Christelle qui en plus d’être incroyablement doué à ce jeu, s’efforçait de s’acharner sur ses voisins directs… En l’occurrence moi, et qui aurait donc dû boire énormément si nous n’avions pas été à court d’alcool. Ouf. Une galette de sauvée.

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Samedi : Match de rugby contre la Nouvelle-Zélande. En tant que grand fan de rugby s’il en est, je me joins à la ribambelle de français d’Aalborg au pub irlandais pour voir ce match “immanquable”. Je n’y comprends toujours autant pas grand chose à vrai dire, mais là c’était différent. Je me sens toujours autant détaché de ce sport, mais l’enjeu est toujours similaire dans tous les domaines, et la tension était plus que palpable. Plus qu’un réel attrait, ma tension lors de la fin du match fut plus pour correspondre à l’ambiance générale. Pour rentrer dans le rang, partager un sentiment commun à toute une salle, faire parti d’un tout, d’un ensemble, avoir même le temps d’un match un lien qui nous rassemble tous. Puis la salle retentit aux applaudissements, aux explosions de joie, aux relâchements d’un stress intensif. Finalement, n’étant pas pleinement investi dans l’évènement, mes sentiments ce soir-là furent plus par procuration et par compassion que par réel intérêt. C’est ringard, cliché et impersonnel, mais on trouve ses rares légers moments de bien-être comme on peut.

On continue notre soirée en direction de Jomfru Ane Gade - pour changer -, mais un problème de taille subsiste : nous sommes sobres. C’est le souci de regarder un match dans un pub où les bières coûtent le prix d’un orteil. Pour remédier à cela, deux bouteilles de vodka et un rez-de-chaussée en construction d’un bâtiment feront pleinement l’affaire. Pour bien fêter la victoire des frenchies. Ou autre. N’importe.

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Dimanche : Dîner chez Adrien. Depuis que l’on est arrivé et que l’on s’était croisé avec Adrien, tout fraîchement arrivé à Aalborg, on s’était juré de faire une petite session guitare. Un mois et quelques plus tard, nous voici donc chez lui à Baldersgade, pour gratouiller un peu. Souci, en plus d’être rouillé par ma non-pratique de la guitare, Adrien est un très bon guitariste. J’avais l’air malin avec mes accords hésitants et mon picking du pauvre. Tandis qu’il enchaînait soli et reprises, j’étais là, avec ma déchéance, mon incapacité à jouer et ce sentiment d’être tout petit, insignifiant. Vite, une bière.

Après avoir dîné avec lui et ses collocs espagnols et mexicains - c’est là que mes cinq ans d’espagnol à l’école me servirent pour leur parler… anglais - je le remercie et file attraper le dernier bus. Le bus arrive donc. Souci ? Je ne suis pas dedans. Et merde. Pas de bus, pas de vélo, pas de plan. Que me reste-t-il ? Hmmm. Mes pieds. Et mon infaillible sens de l’orientation (espérai-je…). Je pris donc les grands axes, traversa Østre Alle, grande avenue où les trottoirs sont inexistants, m’obligeant à traverser Aalborg sur la voie réservée aux vélos. Durant ainsi une heure, je pus découvrir Aalborg by night. Des usines, des bâtiments inanimés, des lumières mais pas de gens. Des voitures qui longent et viennent assassiner le silence régnant et pesant. Pas ou peu d’êtres vivants, la ville dort, la ville est morte. A 23h. Durant une heure, au contact de mes semelles et de mon esprit évasif, Aalborg mourrait de plus en plus. Plongeant irrémédiablement dans une léthargie asphyxiante et omniprésente. Durant une heure, je chantais inlassablement dans ma tête L’Accord Parfait d’Autour de Lucie, arpentant les cinq kilomètres qui me séparaient de chez moi.

Mardi : 18h45. MSN. Florent. “T’as des bières ??”. Super Best. Une caisse de bière. Papotage. Musique. Bières. Vin. Drunk. En gros quoi.

Mercredi : Rendez-vous à 8h à l’université pour rencontrer la société avec qui l’on va travailler pour notre projet. Nos superviseurs nous emmènent donc en voiture jusqu’à Aarhus, à une heure et quelques d’Aalborg. Le rendez-vous en lui-même se résumera à des acquiescements réguliers et un regard vide sur notre interlocuteur. Tandis que la salle résonnait aux intonations de “server” “voice recognition” “PDA” “software”, mon esprit fut plus concentré sur des réflexions existentielles “le thé c’est dégueulasse sans sucre” “c’est quand qu’on mange ?” “va falloir que je me coupe les ongles” “quelle est la différence entre un oiseau ?”.

Vint enfin l’heure de déjeuner. Entre inquiétude et attente de savoir si le repas était payé ou pas, nous sommes finalement invités à manger. L’erreur. Quatre parasites morts de faim, quatre morfales se ruent sur le buffet presque sans aucune manière. Bien que le repas ne fut pas exceptionnel, il fut en revanche remarquable car fût pour nous l’un des premiers repas depuis que nous sommes ici où il n’y a ni pâtes, ni riz, ni potatoes, ni omelette. Joie éphémère certes, mais putain qu’est-ce que c’est bon quand c’est gratuit.

Jeudi : Repos. Un long week-end se prépare…

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Des bienfaits de l’insomnie

Je sais désormais pour quelles raisons mon insomnie peut parfois être bénéfique. Pour le moment, cela m’aura juste valu quelques manquements de présence à certains cours - ou bien même si je fus présent, mon esprit errait un peu plus loin -, un décalage horaire constant sans même bénéficier des voyages qui vont généralement de pair, de superbes cernes chatôyantes, observer le lever du soleil régulièrement et autres joyeusetés.

Cependant, pour une fois l’insomnie fût bénéfique. Pour assister à une fin de soirée rigolote et on ne peut plus mature. Après une soirée habituelle comme il y en a tant à Jomfru Ane Gade, nous décidons sous le pluie de faire une after à Thorsgade, dans la maison des Français. Cinq personnes se tassent alors dans la voiture, moi forcément, Philippe, Edouard, Miriam et … son vélo qu’elle aime tant qu’elle l’a porté sur ses genoux tout le long. Si c’est pas beau l’amour.

 

Nous discutons, nous buvons puis l’un d’entre nous nous quitta prématurément, pour cause évidente d’ivresse intensive. Matures comme nous sommes, nous nous résolûmes à faire la seule chose censée à faire à 6h30 du matin. A préciser que Miriam, seule fille de l’audience, fût la détentrice de l’arme du crime et volontaire pour perpétrer cette attaque personnelle.

Pwned.

(Suite à une plainte du principal interessé, Philippe B., qui souhaite garder son anonymat, je me vois contraint de retirer la photo de lui, comatant dans son lit, un penis dessiné sur sa joue.)

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Un week-end à Aalborg - Part 2

Après une soirée qui aura laissée quelques traces, dont un mal de crâne, une fatigue généralisée et un goût âpre sur le palais, le samedi commence par un réveil difficile. A 14h. Normal. Bon que faisons-nous ce soir ? Un truc pratique pour les étudiants ici, est la création d’une mailing list prévenant de soirées ayant lieu le weekend. Ce soir ce sera donc une soirée dans la salle commune d’un bâtiment où résident de nombreux étudiants. “Sangria will be available”. Parfait.

Petit tour à la Student House avec Fadi, Jimmy, Anthony et Erwan, on se dirige ensuite vers le 21C Jyllensgade. On profite de quelques verres de sangria et de bières. On y croise certains Erasmus que l’on connaît. Ce qui est pratique dans une petite ville comme Aalborg, c’est que le centre ville est finalement assez confiné, et retrouver des connaissances parmi les 1400 Erasmus est assez aisé. Comme j’avais pu le lire sur un blog d’un étudiant à Aalborg de l’an passé “Meeting new people is easy”. C’est vrai. Les liens sont certes souvent superficiels et éphémères, mais comme tout le principe d’Erasmus est finalement. Nous ne sommes là qu’un an, pour beaucoup seulement quelques mois, alors profitons du temps qui nous reste. Sans soucis. Sans questions. Sans complexes.

Nous nous dirigeons alors plus tard vers Jomfru Ane Gade.

Pourquoi un tel engouement pour cette rue ? Le principe est simple, une rue piétonne remplie de bars. Le soir, dès 23h, la musique commence à résonner de plus en plus fort, les gens à être de plus en plus soûl. Si certains viennent pour danser, d’autres pour draguer, d’autres encore pour sortir entre potes, le grand dénominateur commun est pour venir boire et ainsi pouvoir faire la fête. Car le Danois est plutôt renfermé, peu excentrique et a besoin de catalyseurs pour être pris dans la festivité. Ainsi le succès de cette rue s’explique par le besoin général d’exulter et de profiter de cette ambiance extatique. Cependant le Danois est également une brute virile (Will, notre prof de danois : “Nous avons un mot pour dire “Excusez-moi”, mais très peu utilisé. Les Danois sont rudes. Pourquoi s’excuser lorsque l’on a des coudes ?”) à l’affirmation de la personnalité refoulée, tandis que les jeunes, particulièrement les filles ont un réel souci d’expression, se voulant marginaux, mais finalement se perdant dans la globalisation de l’absence de soi, dans une société ouvertement conservatrice. Jomfru Ane Gade est donc un lieu de liberté ouvert, un lieu de retrouvailles dans une petite ville où les excès sont permis et conseillés, où l’on se lâche et l’on se cherche. Espérons qu’ils se trouvent.

Personnellement, ce sera juste pour y boire des bières. Et y rencontrer des gens. Nous nous dirigeons vers le Rock Nielsen. J’en ressors probablement deux minutes après y être entré. Trop de monde, trop de chaleur, trop de trop. Je tombe sur mon pote italien Gian Paolo, ses frères et cousins, ainsi que sur un frère et une soeur franco-italo-danois, Nicolas et Marianne, parlant donc parfaitement français. Cool. On discute, en français, en italien, en anglais. On erre entre deux bars, tentant de traverser la jungle qu’est devenue The Street. Puis on se décide à rentrer. 3h30. Encore.

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Un week-end à Aalborg - Part 1

Le week-end commence le vendredi. Qui suis-je pour m’en plaindre ? Moi, partisan du moindre effort, moi, glandeur devant l’éternel. Après un cours manqué pour cause de non-réveil (oups alors), je me lève vers 13h pour aller au Boat Race à l’université. “Il y a des bières et plein de monde” me dit Fadi au téléphone. Aucune idée de ce que c’est, mais allons-y.

Dans la catégorie “ils sont cons ces Danois”, je voudrais le Boat Race. Des équipes de je ne sais combien d’étudiants concourre dans une course de bateau en mousse sur un lac à l’eau aussi claire que la Seine et à la profondeur d’une flaque d’urine. Deux équipes s’affrontent donc pour parcourir le plus rapidement la distance les séparant du point d’arrivée à la plate-forme amarrée qu’ils doivent atteindre. Cerise sur le champignon, l’équipe arrivée en premier dépêche un émissaire sur la plate-forme, qui doit prendre une bière (forcément), la boire d’un trait, et faire cinq tours sur soi-même. Et bien sûr, le tout sous une petite pluie intermittente et un froid de bâtard. Sont cons ces Danois. Et je ne parle pas de ceux qui sont allés voir ça.

Petit retour à la maison avant de sortir. Ce soir, c’est le match de rugby, France - Irlande, hyper-important pour la qualification. Youhou. Pression. Ou pas. S’il y a bien un sport qui me dépasse, c’est bien le rugby. Impossible de m’extasier. J’ai pourtant l’extase facile devant les sports. Football, basket, tennis, athlétisme, escrime, pétanque, curling, cyclisme (admirez le decrescendo). Mais le rugby non. Allez savoir pourquoi. Nous allons donc dans un pub irlandais regarder le match. La salle est remplie d’un côté d’irlandais, et de l’autre côté de français, et au milieu des gens qui s’en foutent, comme moi. Mais bon, je ne suis pas vraiment français, toi-même tu sais gros.

Soulé à la mi-temps par ma non-compréhension de ce sport, je me dirige alors vers une autre soirée à laquelle je suis convié. Quentin, français également, et ses collocs organise une petite sauterie dans son appartement situé dans le centre. J’arrive, une petite dizaine de personnes autour d’une table. “Tu veux une bière ?” Volontiers. Plusieurs bières plus tard, l’appartement est envahi par salves. Par dizaines, les gens débarquent et se tassent, et de nombreux visages familiers défilent devant mes yeux embués. Alors qu’il se trouve probablement une cinquantaine de personnes dans autant de mètres carrés, l’appartement se transforme en piste de danse pour esprits ivres et planants lorsque les grosses baffles sont installées dans le salon. N’étant pas grand adorateur de reggae, je me cale dans la chambre et discute avec des danois. Puis direction Jomfru Ane Gade où on perdit notre ami Erwan, comatant sur la terrasse du Rock Nielsen. Oui, les fins de soirées sont toujours plus courtes. Certaines plus que d’autres. Certaines plus que pour certains.

 

 

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Simple et funky

Les student party entre Erasmus pour ceux qui ne sont jamais parti à l’étranger, c’est quand même quelque chose. Ce soir, c’était l’anniversaire du bulgare Boyan, qui habite au même endroit que Jimmy, Anthony et Arnaud croisés à diverses soirées. Ce soir c’est également soirée Erasmus en ville. Dilemme. On fera les deux.

Dîner chez Yoann, deux cents mètres pour aller chez Boyan, chargés d’une caisse de bière déjà entamée par nos soins. On rentre… Boyan nous fait ressortir. Qué pasa ? “You have to drink one shot of vodka if you want to get in” Le shot passe tout seul, mais le test est marrant. Non pas que cela chauffe tant que ça, mais ça annonce déjà très bien le thème de la soirée. Une cinquantaine de personnes dans deux maisons exiguës, buvant, parlant, échangeant d’incompréhensibles débats sur leurs pays respectifs. Et surtout ça boit. Tout et n’importe quoi. Tout ce qu’on trouve sous la main. Et on parle avec pleins de gens dont on ne prend même pas la peine de demander les prénoms. C’est futile et simple. Sain et essentiel.

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Claudiquant et titubant (au hasard… Jimmy), laissant certains téméraires à embrasser la cuvette, nous voilà parti prendre le dernier bus pour rejoindre le centre ville. Bordel monstrueux, Boyan est la star de la soirée tandis que tout le bus retentit aux chants paillards français. C’est dans ces moments-là qu’on se réjouit d’être cons et français. La suite de la soirée est finalement anecdotique. Jomfru Ane Gade, la rue des bars, resplendissant encore et toujours de cent feux. Surtout quand on a bu.

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Supersize me … not

Il y a des choses hors de prix dans la vie. Une Ferrari, une Breitling, le maillot de Zidane du 12 juillet 1998, le maillot de Megan Fox (n’importe lequel), l’amour de sa vie, sa jeunesse, sa première dépression, sa première cuite, ses premières larmes, les blagues de Patrick Sebastien. A Aalborg, ce sont certaines bouffes qui sont hors de prix. Chacun son truc.

L’eau en bouteille, les oeufs, la salade, les légumes, les yaourts, les céréales, les boissons, les jus de fruits, l’alcool fort trouvé dans l’équivalent du Monoprix du coin donnent sérieusement envie de se nourrir à la bière. Car oui, la bière coûte à peu près pas grand chose par ici. Simple, la bière coûte moins cher que le jus de pommes.

Fort heureusement, les pâtes et le riz sont des valeurs sûres pour tous les étudiants dont le père ne s’appelle pas Joël Robuchon. Une journée classique est donc composée de trois repas essentiels : le matin, des Frosties, le midi, une omelette, le soir, - attention c’est fiesta, c’est régalade - c’est pâtes accompagnées de viande quelconque expirant dans deux jours au mieux, ou expiré de deux jours au pire.

Ainsi, j’en profite pour remercier Christelle et Yoann qui m’auront permit de manger mon premier repas “normal” et m’empêcher de mourir de ma propre incapacité à faire cuire des potatoes surgelées dans une poêle.

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Any given wednesday

Les danois sont des feignasses. Hmmm nan. Les étudiants sont des feignasses. On le savait. Les étudiants au Danemark sont des feignasses. Mieux. Pourquoi ? Parce que le week-end commence ici dès le mercredi. Car le mercredi, c’est student party. Tous les mercredis soirs est organisée à la Student House une soirée pour les étudiants. En guise de soirée, les consommations sont moins chères et tous les Erasmus se donnent généralement rendez-vous là. On fait avec ce qu’on peut, c’est Aalborg ici, pas Saulx-Les-Chartreux.

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Mon buddy (étudiant danois assigné par une organisation de l’université) m’explique que la tradition danoise veut qu’avant de partir à une soirée, on boive avant pour arriver chaud comme la braise et minimiser les coûts en arrivant. Ok, donc toi tu es en train de m’expliquer le principe de la before. Et comment ça marche des chaussettes ? Tu les mets avant ou après la chaussure ?… Il n’empêche qu’une before est toujours sympa.

Je pars donc avec Florent, compère français habitant à deux pas de chez moi, dans le Kollegium où résident ses potes. Quelques bières, quelques verres, un dîner et on est parti pour la student house. On prend le bus, on prend des bières pour la route, on discute avec les Erasmus pour améliorer notre anglais. On arrive, on va voir ceux qu’on connaît, et on va aussi voir ceux qu’on ne connaît pas. Quelques bières plus tard on rentre. 2h du mat ? Ah ouais quand même. Et dire que demain je n’ai pas cours. Trop dure la vie.

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